On ne redoute jamais
ce que l'on ne connaît pas ;
on redoute seulement que
ce que l'on connaît
ne touche à sa fin
Krishnamurti

| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
|
Je suis moi
|
|
|
On ne redoute jamais
ce que l'on ne connaît pas ;
on redoute seulement que
ce que l'on connaît
ne touche à sa fin
Krishnamurti
Le journal naît volontier d'un malaise qui cherche à se résoudre dans l'archivage de soi. C'est pourquoi il est souvent le refuge ou le remède des consciences inquiètes, perturbées, incertaines d'elles-mêmes.
HUBERT AQUIN, Journal 1948-1971
Le bonheur est une sorte
d'archipel composé d'instants heureux.
Entre ces îlots, il y a
de l'errance et de la solitude.
PATRICE LEPAGE
Je vous présente une autre oeuvre du jeune peintre de 16 ans, Simon C.
LES DAUPHINS, peinture à numéro
Tous
droits réservés
Pourquoi une « non-fumeuse » comme moi part-elle en guerre contre le tabagisme ?
De quoi je me mêle ?
Vous croyez que j'ai le syndrome d'intolérance des non-fumeurs ? Vous croyez que je ne suis qu'une frustrée ou encore une vieille « maudite » chialeuse ? Ou bien vous pensez que je suis une illuminée qui pense qu'elle va réussir à sauver le monde ? Un genre de Mère Thérésa ?
N'ayez crainte ! Y en pleut pas des Mères Thérésa ! La preuve ? Je vous mets au défi de trouver une seule « Mère quelque chose » dans votre cercle de relations. Vous verrez ! C'est pas rare, c'est ben rare !
Non, je ne suis ni un ange, ni un démon. Je suis moi. Défaite.
Il y a six ans, mon père a fait trois accidents cérébraux vasculaires (ACV) qui l'on laissé en perte d'autonomie. Il peut difficilement se déplacer sans sa marchette, et même encore ! Il est tombé au moins 783 fois depuis cinq ans. Il est incontinent et doit porter des couches. Il fait pneumonies par-dessus pneumonies. Le tube d'oxygène est devenu son grand ami. Il fumait, en moyenne, trois paquets de cigarettes par jour.
Au cours des mêmes cinq ans, ma mère, qui fait de l'emphysème, et qui fumait quand même, a dû subir une greffe de l'aorte abdominale. Artères totalement bloquées. Il s'en est fallu de peu pour qu'elle y reste.
Aujourd'hui, elle a terriblement mal aux jambes au point d'en avoir de la difficulté à marcher. Les artères principales de ses jambes sont sclérosées. Faudrait une autre greffe. Et là, je ne parle même pas des artères du cou, elles aussi bloquées : d'un côté à 80 %, de l'autre à 50 %. Le médecin ne l'opérera pas. Elle n'y survivrait pas. Avant sa greffe, elle fumait, en moyenne, deux paquets de cigarettes par jour.
La première fois que j'ai dû faire hospitaliser mon père, il était bleu. Dès que l'infirmière l’a vu, elle l'a envoyé directement à la salle d'urgence. On n'a même pas eu le temps de le changer. Réanimation cardiaque. Durant la nuit, on a dû le transporter aux soins intensifs. Ses poumons étaient tellement enfumés qu'ils avaient cessé de fonctionner.
Quand je suis arrivée aux soins intensifs le lendemain matin, une infirmière m'a prise de côté, histoire de me préparer à ce que j'allais voir. Même si elle m'avait avertie que mon père était branché de partout, quand je l'ai vu, j'ai craqué. Il passait du bleu au rouge en quelques secondes ; il s'étouffait ; il tremblait de partout. J'étais certaine qu'il allait mourir. Il essayait de me parler, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Je ne comprenais pas ce qu’il essayait si difficilement de me dire. Impuissante, j'assistais à une scène d'horreur. Je pensais que le coeur allait me sortir des entrailles. J'ai failli m'évanouir. Ça a dû paraître dans mon visage parce que l’infirmière est accourue avec un verre d'eau.
Mon père s'en est sorti, par quel miracle, je ne saurais dire.
Puis, pendant les quatre années qui suivirent cette première tragédie, mon père devait être hospitalisé un mois sur deux. Trois années noires, pour ne pas dire d'enfer ! pour toute la famille.
Pour mon père d'abord, qui perdit son autonomie. Pour ma mère, qui fit un anévrisme tellement le stress était intense. Pour ma soeur, qui arrive encore à se tenir la tête au-dessus de l'eau, mais qui m'inquiète souvent. Pour moi, qui ne serait probablement plus là, si je n'avais pas eu de soeur à protéger.
De tout ce calvaire, je retiens que la cigarette est un poison qui tue. Mais qui tue lentement, très, très lentement et péniblement. Elle tue non seulement celui ou celle qui fume, mais tout son entourage. Encore ici, très, très, très lentement et péniblement.
Je ne suis pas contre un individu qui veut en finir avec sa vie. C'est un choix personnel qui ne regarde personne d'autre que lui. Mais quand ce choix implique la souffrance, voire même la mort d'une autre personne, qu'on dit souvent aimer, là, vraiment, ça ne va plus.
Ne méritons-nous pas tous de vieillir en santé ? avec un maximum d'autonomie ? avec un coeur léger au lieu d'un coeur affligé ?

Eh oui ! Encore moi avec mon délire sur les conditions de vie des aînés en perte d'autonomie.
Que voulez-vous, j'me peux plus !
Encore cette semaine, on parlait, aux nouvelles, qu'il y a des aînés qui sont seuls à la maison.
On parlait aussi, dans La Presse, du classement des urgences, qui n'est pas très reluisant.
Et la meilleure, atteinte aux droits des prisonniers qui ne reçoivent qu'un seul bain par semaine faute de place dans les prisons ! C'est quoi la différence entre eux et les personnes âgées qui
ne reçoivent qu'un seul bain aussi ?
Je suis outrée ! Je ne sais plus comment le dire. Est-ce que c'est moi qui ne comprend rien ? Ou bien c'est le monde qui vire fou ?
Madame Blais, la Ministre de la famille, disait cette semaine à la télé, face à la solitude et le besoin d'aide des aînés vivant seuls à la maison, qu'il fallait instauré un
mécanisme pour venir visiter à la maison ces aînés. Elle avait l'air très touchée et très impliquée dans cette cause.
Aye ! Aye ! La prise en charge par la famille n'est pas une solution aux aînés en perte d'autonomie.
Si je me fie à mon expérience, un aîné en perte d'autonomie qui habite dans sa demeure risque d'être plus malade qu'un aîné dans un CHSLD ou autres établissements du genre. Pourquoi ?
Parce qu'il met plus de temps à consulter ; parce qu'il n'a pas la même hygiène ; parce que l'environnement ne peut pas lui donner les mêmes soins.
Dans quelle langue dois-je le dire ? Je suis prête à donner accès au dossier médical de mon père récemment décédé pour en faire un élément de preuve. Je suis persuadée que d'autres aidants
naturels emboitéraient le pas.
Par curiosité, je suis allée fouiller Internet pour obtenir des chiffres. Je suis tombée sur une étude de l'Institut National de santé du Québec, intitulée « Un portrait de la santé des Québécois
de 65 ans et plus », dont voici le lien : http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/180_PortraitSantePersonnesAgees.pdf
Dans cette étude, on mentionne qu'en 2003, près d'un million de personnes étaient âgées de plus de 65 ans.
NOTE : Lors des consultations publiques sur les conditions de vie des aînées, la population prise en compte par le Ministère de la famille visait les personnes de 50 ans et plus. Mausus de
FADOQ !
Le tableau ci-dessous, donne le taux d'incapacité pour le groupe des 65 ans et plus, selon l'étude.

Selon cette même étude, 90% des personnes de ce groupe d'âge vit encore dans son milieu, dont le tiers vit seul.
Bien sur que l'aîné malade veut rester à la maison. On n'arrête pas de lui dire que c'est pas le fun vivre dans un bloc de personnes âgées. Et ceci fait bien l'affaire du Gouvernement.
Ça va lui coûter moins cher ! Le Gouvernement se fout complètement de l'aîné et de ses conditions de vie. Surtout, il oublie que ses membres y siègent grâce à ces mêmes ti-vieux.
La prise en charge par la famille coûte cher à la Société aussi. La personne âgée malade se retrouve souvent à l'urgence dans une civière, attendant que une chambre qui est souvent occupée par un
autre aîné vivant à la maison dont les séjours s'allongent. Et, je l'ai déjà dit, les aidants naturels deviennent malade, ce qui crée aussi des visites à l'urgence.
Moi, j'apellais ça mes visites de groupe. Tant qu'à être à l'hôpital avec mon père, j'en profitais pour faire soigner ma mère à l'urgence, et moi-même lorsque requis : une chambre en
gériatrie pour mon père ; une civière à l'urgence pour ma mère, en attente d'un lit à l'étage ; une chaise à l'urgence pour moi, qui aboutirait peut-être sur une civière à l'urgence, et espérant
ne pas finir dans un lit à l'étage. Le jeu du domino.
Mais combien tout cela coûte-t-il à la société ? J'ai cherché, peu, je l'admets, mais je n'ai rien trouvé à cet égard sur Internet. Je serais curieuse de savoir. Ce serait une
belle thèse de doctorat. Qui se lance ?
Enfin, je sais que les chiffres, on peut leur faire dire n'importe quoi, mais ils donnent certaines indications quand même
Alors, Monsieur Couillard, on aura beau avoir tous les médecins de la planète dans nos hôpitaux du Québec, la maladie demeure la maladie. La guérison se fait en son temps, médecin ou pas.
On ne peut pas aller plus vite. Alors, M. Couillard, vous croyez réellement désengeorger les urgences ?
Et, pendant que j'y pense, il est où votre ti-vieux à vous ? Parlez-nous en donc ! Et vous, monsieur Charest, il est où votre ti-vieux ? On ne le sait pas non plus. Parlez-nous en donc !
Où sont donc les journalistes qui ont le guts de nous montrer ce que les membres du gouvernement font avec leurs ti-vieux ?
SVP, donnez-nous l'heure juste. Je voudrais bien le faire moi-même. Mais je ne suis que Madame tout le monde, qui peut donner du Tylénol, des injections d'insuline quand aucun préposé aux
bénéficiaires ne peut le faire.
Bon. Je me tais. J'en ai assez dit pour aujourd'hui...
Il y avait en moi ce tourment
Bien avant les premiers instants
Comme une croix
Qui allourdit le pas
Il y avait en moi cette tristesse
Bien plus grande que ma petitesse
Comme si le souvenir d’autres vies
Me poursuivait à l’infini
Il y avait ce creu
Le plus creu des creux
Qui ne trouve mot
Que dans les maux
Il y avait ce vide
Un vide tellement vide
Que même l’écho
Ne trouve mot
Il y avait cette détresse
Comme les cheveux que l’on tresse
Serré tellement
Que rien ne bouge au vent
Il y avait ce désespoir
Que l’on rencontre dans le noir
Qu’on ne voudrait plus voir
Dont on voudrait briser le miroir
Il y avait ce désir de partir
En finir
Dernier soupir
Ne plus jamais revenir
Il y avait ce délire
Qui n’était que sourire
Qui ne voulait que rire
Qui ne demandait que de vivre
Il y avait en moi ce désir
De laisser vivre ce délire
De laisser ce délire
En moi vivre
De celui-ci je m’ennuie
De ne pas avoir à tout expliquer
De rien dire et être comprise
De parler et être écoutée
De lui je m’ennuie
Je m’en veux aussi
De ne pas avoir su lui dire oui
De celui-ci je m’ennuie
Quand il me prenait dans ses bras
Au beau milieu de la rue
Arrêtant la circulation
Je me souviens de notre chanson
« Don’t forget me when I’m gone »
Il vivait trop loin d’ici
De celui-ci je m’ennuie
Quand quelqu’un m’approchait
Dans ses bras il me serrait
Il n’avait aucune honte
De montrer au monde
Que j’étais de ce monde
Que j’étais son monde
De celui-ci je m’ennuie
De ces soirées du vendredi
Où se rencontraient nos vies
Où dialoguer devenait possible
Où tout devenait sensible
Où le temps s’arrêtait
Où l’on s’aimait
De celui-ci je m’ennuie
De nos jeux d’esprit
Quand nous entrions au travail
Bien avant l’heure de travail
Juste pour parler
Parfois même jouer
Comme pour se recréer
De celui-ci je m’ennuie
De sa folie enivrante
De cet amour intense
De celui-ci je m’ennuie
De sa façon de m’appeler Gi
De sa façon de me prendre jusqu’à l’oubli
C’est de lui que la plupart du temps je m’ennuie
GinTonHic
J’ai traversé le monde dans la solitude
Cherchant quelques encouragements
Pour m’affranchir de la servitude
De ses élans sanglants
Je n’ai trouvé que lassitude
À insuffler à mon tourment
GinTonHic
J'É-Cris...
Parce qu’il y a dans ma tête comme un étau qui assujettit mon
esprit angoissé et agité par des milliers d’images. Des sentiments trop longtemps refoulés, des mensonges, des vérités, des souvenirs, des drames, des
espoirs.
Mes « É-Cris » sont les cris de mon cœur qui ne peuvent plus se contenir. Ils explosent au grand jour, souvent de manière
violente, se substituant à mes angoisses insoutenables.
Qu'importe ce que j'écris ici, je le fais d'abord pour découvrir ce qui se passe dans ma tête et dans mon coeur. J'écris pour être
moi. Mais aussi pour faire que vous soyez.
Alors, vous venez ?
Commentaires Récents