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Mercredi 1 août 2007

 

 

Non, décidément, je ne comprends rien à la vie. Le « Paradis terrestre » ? Méchant paradis ! On se croirait plutôt en enfer.

 

Vous pensez que je déprime ? Je ne sais pas quoi vous dire. Peut-être ? Peut-être est-ce la crise de la quarantaine ? Peut-être est-ce tout simplement ma conscience qui s’éveille d’une trop longue hibernation ? Je ne sais pas. Chose certaine, c’est que ça fesse !

 

Quelle existence puérile qu’est la nôtre souvent ! Les gens causent tout autour, mais pour dire quoi ? Des paroles toutes plus insipides les unes que les autres.

 

Quand j’étais jeune, on parlait de cette ère nouvelle qui s’approchait : l’ère des loisirs !  Quelle connerie ! Il y en a qui en fumait du bon à l’époque ! Elle est où cette nouvelle ère ? On n’a jamais autant travaillé. Pire, on se croit indispensable. On parle de saine gestion aux quatre vents. On se vante de savoir gérer quand on travaille cinquante heures par semaine. Méchante gestion !


Le modernisme devait nous apporter plus de temps libre.  Mais, on n’en a jamais eu si peu. Prenons, par exemple, les courriels. C’est une vraie horreur.

 

« Vous avez 154 courriels ».

 

On ne se parle plu, on s’écrit. On s’écrit tellement qu’on a même plus besoin de se voir. C’est ce que j’appelle du "safe sex". On se chatouille avec des mots ; on appuie sur « envoyer » ; et on termine la soirée en plaisirs solitaires. Tout ça dans le confort de notre foyer. Pas besoin de s’habiller ni de se coiffer. Surtout, pas besoin de sortir son fric pour tenter de charmer. De mieux en mieux !

 

Il y a les autres qui nous envoient des courriels et qui sont rivés à leur écran attendant l’instant crucial où nous cliquerons sur leur message pour l’ouvrir.

 

« Votre message s’est affiché sur l’écran du destinataire ».

 

Dring ! dring ! le téléphone sur notre bureau chantonne.

 

- « Tu as lu mon message. Qu’est-ce que tu en penses ?  »

 

Grrrrrrr ! J’ai juste envie de hurler.



- « Qu’est-ce que j’en pense ? Je n’en pense rien. Je n’ai pas encore eu le temps de le lire. Je viens de l’ouvrir il y a à peine un quart de seconde ! »

 

Temps libre, on disait ? Folie furieuse, oui !

 

Avec le modernisme est venue la consommation. Tout est cher aujourd’hui.  Ma grand-mère, qui aurait plus de 100 ans aujourd’hui, disait de son vivant :

 

« Un jour, les gens auront beaucoup d’argent mais ne pourront rien acheter. »

 

Elle avait raison. Aujourd’hui, tout le monde travaille. Pas question de rester à la maison pour élever les enfants. Alors, c’est la garderie. Et voilà qu’on se met à courir comme des fous entre le boulot, la garderie, la maison. En plus, on habite en banlieue, car c’est beaucoup plus abordable. Alors, on se tape le trafic. Ou bien on part très tôt le matin ou bien très tard lorsque nos horaires nous le permettent. Alors, on crie après les enfants pour qu’ils se dépêchent. On doit aller les mener à la garderie avant de prendre le train. Allez hop ! debout à 5h00 du matin. On habille les petits ; on déjeune sur le pouce ; on grimpe dans la voiture ; et hop ! on arrive à toute allure à la garderie. Un bécot à la sauvette, et vlan ! on redémarre direction la gare. Les petits sont là, rivés sur place, ne sachant trop quelle tornade les a balayés. Et là, on se demande pourquoi le docteur leur a prescrit du Ritalin.



Et puis, il y a ceux qui approchent la quarantaine : divorce, "burnout", dépression, etc. Résultat : antidépresseurs.

 

Entre temps, il y a les jeunes qui grandissent. Une fois l’étape du Ritalin passée, c’est la cigarette, l'alcool, la drogue. 

 

Puis vient le moment où les grand-parents tombent malades. Alors, c’est la course entre le boulot, le métro, les joutes de hockey, les médecins, l’hôpital.

 

Et là, nos amis se demandent ce qu'on a.

 

Mais on ne sait pas quoi leur dire. Car comment leur expliquer pourquoi on est assis , par terre, dans la cuisine, à compter combien il y a de petits pois dans les boîtes de conserve du Géant Vert ?

 

 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
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Lundi 6 août 2007

 

 

Je suis terrifiée. Je voudrais appeler à l’aide, mais j’ai trop peur. Je me cache sous les couvertures chaudes et protectrices.

 

Il y a un homme, un inconnu, dans la chambre de mes parents derrière les draperies de lin.


J’entends un bruit sourd dans la nuit. Je tends l’oreille à nouveau. Encore ce bruit. Je m’assieds dans le lit. D’une main tremblante, j’entrebâille le rideau qui sépare ma chambre de celle de mes parents.l est là, dans l’ombre, les cheveux frisés comme un mouton. Je ne vois pas son visage.


Il se penche comme pour ramasser quelque chose.

 

Il saisit à deux mains la descente de lit du côté où ma mère dort d’habitude. Il n’y a personne dans le lit.L’étranger tourne le tapis pour en faire un gros rouleau. Puis, d’une poigne ferme, il le soulève et le met sous son bras. Il se penche à nouveau, et fait glisser son trésor sous le lit.

 

L'homme est disparu sous le lit comme par magie.

 

Mais, qui était donc cet homme ? Que faisait-il dans la chambre de mes parents ? Où était-il parti ?

 

L’angoisse s’empara de moi. 

 

Ne sachant que faire, j'ai trouvé refuge sous les draps de flanelle espérant me protéger. Mais me protéger de qui ? de quoi ?

 

Près de 40 ans plus tard, je me rappelle cette scène de mes trois ans comme si c’était hier.

 

Je revois cet homme disparaître sous le lit, le tapis sous le bras. Peut-être n’était-il qu’une ombre sur le mur ? que le fruit de mon imagination ? un monstre sous le lit ? 

 

Oui, peut-être ? peut-être bien...

 

 

 


 


Je suis là, le regard rivé sous le lit de mes parents. Pendant de longues minutes, je ne vois plus rien. J’attends que l’homme se redresse, mais en vain.


I


Je l’épie, étonnée de voir un étranger dans la maison. Curieuse, je guette ses moindres gestes. 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
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Mercredi 8 août 2007

 

 

 

ciel-oiseaux.jpg

 

Je ne sais pas trop pourquoi, mais en regardant cette photo que j'ai prise un soir, une chanson m'est venue en tête. Voici...




Goodbye to you my trusted friend
We've known each other since we were nine or ten
Together we've climbed hills and trees
Learned of love and ABC's
Skinned our hearts and skinned our knees
Goodbye my friend it's hard to die
When all the birds are singing in the sky
Now that spring is in the air
Pretty girls are everywhere
Think of me and I'll be there



We had joy, we had fun
we had seasons in the sun
But the hills that we climbed
Were just seasons out of time



Goodbye Papa please pray for me
I was the black sheep of the family
You tried to teach me right from wrong
Too much wine and too much song
Wonder how I got along
Goodbye Papa it's hard to die
When all the birds are singing in the sky
Now that the spring is in the air
Little children everywhere
When you see them, I'll be there



We had joy, we had fun
We had seasons in the sun
But the wine and the song
Like the seasons have all gone
We had joy, we had fun
We had seasons in the sun
But the wine and the song
Like the seasons have all gone



Goodbye Michelle my little one
You gave me love and helped me find the sun
And every time that I was down
You would always come around
And get my feet back on the ground
Goodbye Michelle it's hard to die
When all the birds are singing in the sky
Now that the spring is in the air
With the flowers everywhere
I wish that we could both be there

 

 

par GinTonHic publié dans : Musique
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Samedi 11 août 2007

 

 

Tu te rappelles, à Paris ?
 
On sortait tous les dimanches après-midi prendre un café au bistro d’en face, juste pour jaser, mon genou contre le tien bien serré.
 
On parlait de tout. De toi. De moi. Du monde. De la vie. De l’amour. On était si bien.
 
Tu te rappelles ? Le ciel était presque toujours gris, mais nous n’en avions que faire. Tes yeux ne voyaient que les miens rivés aux tiens. Ah ! C’était le bon temps ! Dis que tu te rappelles !
 
Tu te souviens aussi, après le café, qu’on avait laissé refroidir, tu prenais ma main et tu embrassais chacun de mes doigts comme s’ils étaient de précieux joyaux. À ce moment-là, je t’aimais. Je riais et je t’aimais. Tellement !
 
Et puis, d’un sourire entendu, on se levait et on partait en courant, sans payer l’addition. C’était le premier qui arriverait à l’appartement. On courrait comme des fous entre les voitures qui nous klaxonnaient. La porte n’était pas ouverte qu’on était déjà dans les bras l’un de l’autre, assoiffé d’amour.
 
- Rentrez chez vous, espèces de cochons !, nous lançait chaque fois la vieille concierge. On faisait exprès pour la faire damner.
 
Ah ! C’était si fou avec toi ! 
 
Et puis, à grand fou-rire, tu me soulevais dans tes bras pour franchir la porte. D’ailleurs, je ne crois pas avoir jamais franchi la porte autrement. Non. Jamais. Dans tes bras, que dans tes bras.
 
Et là, tu me déposais toujours en plein centre du corridor, aux yeux d’une Joconde complice. Hum ? T’aurait-elle connu avant moi ?
 
- Non, très chère dame. Quelle femme ne voudrait pas que sa beauté soit comparée à celle de Mona Lisa ?, déclamais-tu en reculant de quelque pas.
 
Et, après m’avoir contemplée de loin, tu te rappelles ce que tu faisais chaque fois ? Oui, oui, chaque fois !
 
Tu prenais un air macho. Faut dire que ce n’était pas trop difficile pour toi ! Si. Admets ! N’essaie pas de t’en sortir. Tu oublies qui je suis. Et alors, tu avançais vers moi, lentement, droit, fort, terriblement viril.
 
À tous coups, je perdais la tête.
 
Et là, ton corps frôlant timidement le mien, ta main venait caresser mon visage qui s’abandonnait jusqu’à se fondre au tien dans une danse lascive, troublante, dévorante, trop.
 
Tu te rappelles comment ça t’allumait quand je t’empoignais par la crinière pour stopper tes ardeurs d’étalon.. Le désir nous foudroyait. La passion nous submergeait. Agrippés un à l’autre, enivrés, on baisait comme des bêtes affamées.
 
Oui. Nous étions fous. Fous d’amour.
 
On faisait l’amour toute la journée. Toute la soirée. Toute la nuit.
 
Tu te rappelles quand on se pinçait à tour de rôle, histoire de s’assurer qu’on ne rêvait pas ? On ne mangeait pas beaucoup, non plus. Seul le corps de l’autre venait à bout de notre faim.
 
On s’aimait. Comme on s’aimait !
 
Je sais. C’était fou comment on s’aimait. Mais on s’aimait d’un amour exceptionnel, un amour que bien peu de gens connaîtront. Et ça, on le savait.
 
Tu te rappelles ce dernier dimanche à Paris ?
 
Nos corps enlacés, enchaînés, presque soudés, vidés par trop d’extase, tu as pris ma main que tu as portée sur ton cœur. Tu m’as dit :
 
- Amour, je pourrais mourir là, maintenant, dans tes bras. Avec toi, j’ai tout vécu ce qu’il est possible de vivre sur cette terre. Je mourrais, aujourd’hui, sans regret, sauf celui de partir sans toi.
 
J’éprouvais la même chose que toi. Mourir dans tes bras n’aurait pas été une punition.
 
Nous n’étions qu’un seul corps, qu’une seule et âme, toi et moi.
 
Tu te rappelles comment nos cœurs battaient toujours à l’unisson ? Comment mon corps se moulait au tien ? Aucun coin qui pique, qui cogne, qui gratte. Un moulage parfait. Presque une œuvre d’art. Extraordinaire.
 
Ah ! tant de souvenirs ; de parfums, surtout le tien ; tant de choses qui me rappellent que…
 
Tu n’es plus là.
 
Parti. Envolé. Envolé le rêve d’une vie, d’une mort, avec toi.
 
Comment peut-on s’aimer autant, puis cesser du jour au lendemain ? Tout à coup, mourir nous fait horreur.
 
Non. Ce n’est pas parce que je n’ai pas essayé. Crois-moi ! Mais je n’y arrive pas. Je ne comprends pas. Je ne te comprends pas.
 
Pire, tu rappliques des années plus tard.
 
-         Allo ! By the way (ça, ça vient de moi, j’ai pas pu m’en empêcher…), je voulais juste te dire que j’ai réalisé que tu étais la femme de ma vie.
 
-         Aye ! bonhomme ! Parles pour toi. J’en ai rien à cirer de toi ! Va te faire foutre !
 
Voilà, c’est tout dit. Presque.
 
Car ce que je ne te dis pas, c’est que je me languis, nuits et jours, de ces dimanches à Paris, où grisés nous nous aimions jusqu’à ne plus pouvoir se tenir debout, jusqu’à l’extase, jusqu’à mourir.
 
Tu te rappelles, dis ?
 

Non, ne me dis pas que tu te rappelles. Non, s’il te plaît ! Car s’il fallait que tu te rappelles, j’en mourrais. Oui, j’en mourrais, c’est certain.

 

 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
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Vendredi 31 août 2007

 

 

 

 

 
Le ciel est bleu
Aujourd’hui
D’un bleu si bleu
Un bleu métisse
Comme celui des pavots bleus
J’adore quand le ciel est bleu
Un bleu automne
Un bleu frais
Qu’on aspire à grand vent
Par les narines
Par les yeux
Aaah !
Par la peau
Un bleu si frais
Un bleu coton
Qui danse comme un drap blanc sur la corde l’été
Un bleu radieux
Comme celui que l’on peint sur la toile
Un bleu qui illumine toutes les autres teintes
Un bleu joyeux
Qui se moque des nuages dans leurs courses folles
Un bleu heureux
Qui nous enveloppe dans son ventre
Comme un trésor précieux
Oui
Comme j’adore ce bleu
Si bleu
Oui
Si terriblement bleu
 
 
par GinTonHic publié dans : Mes poèmes
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Pourquoi «délires» ?

   

J'É-Cris...
 

Parce qu’il y a dans ma tête comme un étau qui assujettit mon esprit angoissé et agité par des milliers d’images. Des sentiments trop longtemps refoulés, des mensonges, des vérités, des souvenirs, des drames, des espoirs. 
  
Mes « É-Cris » sont les cris de mon cœur qui ne peuvent plus se contenir. Ils explosent au grand jour, souvent de manière violente, se substituant à mes angoisses insoutenables. 
  
Qu'importe ce que j'écris ici, je le fais d'abord pour découvrir ce qui se passe dans ma tête et dans mon coeur. J'écris pour être moi. Mais aussi pour faire que vous soyez. 
 

Alors, vous venez ?  

     

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