Mes grands délires

Samedi 7 février 2009





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Samedi 31 janvier 2009



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Samedi 10 janvier 2009

 



Il fut un temps où j'eusse utilisé les mots : « Mon bel et tendre amour », pour m'adresser à toi. Aujourd'hui, j'ai beau chercher, les mots ne me viennent plus. Pas même celui de ton prénom.

Tu dis avoir toujours pris grand soin de moi ? Tu dis que nous sommes faits l'un pour l'autre ? Eh bien, voilà ce que j'en pense !

Je l'admets, je t'ai aimé plus que tout. Enlacée dans tes bras vigoureux, je n'avais point de crainte. La mort même ne me faisait plus peur. L'extase de nous deux était mon seul salut.

Oui, je t'ai aimé plus que tout. Le simple murmure de ta voix faisait languir mon cœur. Dès que je posais mon regard sur toi, ma peau frémissait de désir. Comme je te trouvais beau ! Ta force me troublait. Ta folie m'enivrait.

Oui, je t'ai aimé plus que tout. Plus que Dieu. Plus que moi-même. Ce fut là ma plus grande erreur.

Erreur ? Oui, erreur.

Si tu savais à quel point je me suis haïe de m'être laissée prendre au piège. j'aurais dû me méfier d'un amour si beau. Si fou. Si extraordinaire.

Parfois, je te hais de m'avoir fait vivre un si bel amour. Un amour faux. Un amour qui n'existe que dans les livres. Mais un amour tellement grisant que, depuis, mes nouvelles amourettes me semblent bien ternes.

Serais-je donc vouée à un avenir où la passion est proscrite ? Comment alors pourrais-je continuer de vivre quand la flamme qui me donne le souffle n'est pas attisée ?

Ah ! cette sensation cuisante qui me transperce encore ! Comment puis-je être aussi sotte ?

Tu as pris soin de moi ? Non, tu as pris soin de toi, que de toi ! Pire, tu as ris soin de toi en m'écrasant. Tu t'es servi de moi. Tu m’as pris toute entière, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à prendre. Oui, tu m'as blessée. Tu m'as trompée. Tu m'as humiliée. Tu m'as bafouée.


Après tout ceci, pourquoi t'ai-je aimé encore ?

Je t'ai aimé plus que moi-même. Voilà pourquoi !

Cet amour, cette maladie d'amour, m'a rendue aveugle. Cette maladie d'amour a fait de moi un pantin, une loque humaine.

Non, je ne t'en veux pas parce que tu as cessé de m'aimer. Je t'en veux parce que tu m'as piétinée, sachant très bien que j'étais déjà par terre. Et cela, je ne te le pardonne pas !

Tu me demandes si je t'aime encore ?

Qu'en penses-tu ?

Il fut un temps où j'eusse utilisé les mots : « Avec tout mon amour », en guise d'au revoir. Aujourd'hui, enfin !, plus rien ne me vient.



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Mardi 30 décembre 2008
 
 
ENVOYE À MAISON !
 
Je n’en peux plus d’entendre parler de la désinstitutionnalisation des aînés en perte d’autonomie. Une autre belle solution de nos grands comptables du gouvernement.
 
Ça n’arrive pas dans la colonne budgétaire ? Pas de problème. On change de colonne ! On retourne nos « ti-vieux » malades à la maison. On ne les voit plus ; on a plus de problème ! C’est pas beau ça !
 
C’est décourageant. On n’a jamais été autant scolarisé au Québec, mais ça n’a jamais été aussi mal ! Elle est où l’erreur ?
 
Il y a 40 ans, ma mère s’est rendue malade à prendre soin de ses parents malades d’avoir pris soin de leurs parents malades. Moi, je me rends malade à prendre soin de mes parents malades.
 
Faisons un calcul rapide. Moi, découragement total parce que je ne voyais pas le bout de la fin. Ma mère forcée de placer sa mère pour « ne pas y laisser sa peau » lui conseilla le docteur. Puis, ma mère, encore : anévrisme et greffe de l’aorte abdominale dus au stress de prendre soin de mon père qui a fait trois AVC. Je ne calcule pas ma sœur, qui tient encore debout, par je ne sais trop quel miracle. Mon grand-père, ma grand-mère et sa mère avant. Au bas mot, sept personnes affectées directement par la maladie de l’autre.
 
Mais, dans bien des cas, ça ne s’arrête pas là. Il y a tous les problèmes familiaux qui résultent de la prise en charge par la famille d’aînés en perte d’autonomie. Conflits avec les conjoints et les autres membres de la famille qui, dans certains cas, engendrent d’autres problèmes de santé, quand ça ne finit pas en divorce. Conflits avec les collègues de travail et l’employeur, qui peuvent mener à la perte de l’emploi et à un stress additionnel dû au manque de ressources financières.
 
Dans bien des cas, le principal aidant naturel est l’autre conjoint, qui est aussi âgé que la personne en perte d’autonomie. L’aidant doit souvent poser des gestes interdits aux préposés aux bénéficiaires dans les centres hospitaliers, ex. : donner des médicaments et des injections d’insuline. Trouvez l’erreur !
 
Il faut aussi savoir que l’aidant naturel est de garde 24 heures sur 24. Monsieur Couillard, essayez ça pour voir. Sûrement quelqu’un se fera un plaisir de vous confier son aîné malade pendant une semaine. Vous nous en redonnerez des nouvelles.
 
« On va mettre plus d’argent pour les soins à domicile. »
 
Bien oui ! Mais il manque de la main-d’œuvre Q-U-A-L-I-F-I-É-E. Puis, on aimerait que cette main-d’œuvre Q-U-A-L-I-F-I-É-E ne passe pas plus de temps dans son « C-H-A-R » entre deux patients qu’à les soigner !
 
Quand tout le monde est au même endroit, ça va plus vite se déplacer. Puis, ça coûte moins cher d’essence, ce qui est bon pour l’environnement. Mais, au fait, ça va dans quelle colonne du budget, l’essence ?
 
Peut-être vous dites-vous que je suis dépressive et que je dis n’importe quoi ?
 
Non. Je ne dis pas n’importe quoi. Car près des deux tiers de ma vie se sont écoulés auprès de parents aînés en perte d’autonomie. Je les ai vus dépérir à la maison, entraînant dans leur chute d’autres membres de la famille. J’ai vu leur santé s’améliorer, et celle des autres membres de la famille, lorsqu’ils ont reçu les soins appropriés en centre de soins de longue durée.
 
Oui, monsieur/madame tout le monde peuvent prendre soin de quelqu’un pendant un moment. Mais vient un temps où cela dépasse leurs compétences. Alors au lieu d’aider, ils nuisent, ou pire, meurent.
 
On demande à l’aidant naturel d’être tout : médecin, psychologue, physiothérapiste, infirmier, préposé, travailleur à temps plein, conjoint/parent responsable, ayant besoin de peu de sommeil, joyeux, heureux et, surtout, sans émotion. On nous demande d’être Dieu quand Dieu lui-même n’arrive pas à tout faire.
 
Et que fait-on de tous ces aînés qui sont seuls ?
 
Je rappelle à notre gouvernement la mission de son Ministère de la Famille et des Aînés présentée dans un document remis lors des consultations publiques sur les conditions de vie des aînés.
 
« La mission du Ministère est de FAVORISER L’ÉPANOUISSEMENT DES FAMILLES ET LE DÉVELOPPEMENT DES ENFANTS, ainsi que la contribution sociale, civique, économique et professionnelle des personnes aînées au développement du Québec. »
 
Je dois être bouchée ou bien ignare. Je n’arrive pas à comprendre comment la désinstitutionnalisation des aînés en perte d’autonomie cadre dans cette mission.
 
Ai-je besoin d’en rajouter ?
 
 

  

 

Grand-maman Bernadette
Noël 1976
Elle a été onze ans dans ce lit...
 
Je t'aime grand-maman
Si seulement tu savais à quel point j'aurais voulu faire quelque chose pour toi
Mais je n'ai pas pu...



Mais je n'ai pas dit mon dernier mot !
 
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Mardi 9 décembre 2008




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Lundi 13 octobre 2008


L’autre soir, je n’arrivais pas à dormir. Alors, je me suis levée et je suis allée regarder de vieilles photos. J’adore faire ça. Je peux passer des heures et des heures assise par terre, le nez dans mes albums, à me rappeler de vieux souvenirs.

Puis là, je suis tombée sur des photos d’Halloween prises en 1985. À cette époque, j’avais 24 ans. Ouf ! Ça ne me rajeunit pas. Mais, bref. J’étais divorcée depuis sept mois. Après deux ans de mariage, je m’étais retrouvée seule, le cœur anéanti.

Sur une des photos, on me voyait déguisée en fille de rue. Avec mon petit sourire en coin, j’avais l’air d’une méchante « guidoune ». Et, j’étais loin de me douter que cette soirée d’Halloween était le début d’une très longue histoire d’horreur.

Sur la photo d’à-côté, posait le loup-garou, avec ses longues dents pointues, qui m’accompagnait. Le pauvre était loin de se douter à quel point il allait m’effrayer ce soir-là.

J’avais rencontré ce loup-garou, sans sa fourrure, quelques mois auparavant. J’étais en vacances avec une copine, et on se faisait bronzer sur la plage quand je l’ai aperçu. Il se baladait tranquillement au bord de l’eau, avec pour seule compagnie, une mèche de cheveux blonds qui sans cesse lui chatouillait le bout de nez.

À ce moment précis, j’aurais donné mon âme au diable pour être cette mèche de cheveux. Et comme je souriais à cette idée folle, il s’est retourné vers moi. Il m’a regardé avec des yeux d’un bleu si bleu que, sous le soleil éblouissant, j’étais persuadée être témoin de l’apparition du Christ lui-même ! Mon coeur a fait cent tours. J’ai succombé à son charme.

On a commencé à se fréquenter ce jour-là. C’est pas mêlant, tout en lui me plaisait. On a tellement ri ensemble. Il avait une sorte de folie en lui qui me séduisait et qui faisait que les choses, même les plus banales, comme faire l’épicerie, devenaient presque extraordinaires. Je le regardais et ça me faisait mal en dedans tellement il me plaisait. Et, le plus incroyable, c’est qu’il me comprenait sans que j’aie besoin de m’expliquer pendant des heures. Exit les discussions interminables ! Il savait quand parler, quand se taire, quoi dire, comment le dire. Je croyais rêver. Un tel homme pouvait-il exister vraiment ?

Et puis, tout s’est effondré le fameux soir de l’Halloween.

Je dansais quand je l’ai aperçue, la maudite ! Oui ! c’était bien elle, la Peur ! Elle qui rôdait tout autour. Elle s’est mise à m’épier. Puis à me suivre. J’ai fait semblant de ne pas la voir. J’ai voulu la semer, fuir loin d’elle. Elle m’a rattrapée. Elle s’est mise à tourner autour de moi comme une sorcière proférant de lugubres incantations. Puis, comme une vipère, elle s’est jetée sur moi, transperçant mon cœur de ses longs doigts variqueux. C’en était fait de moi, de mon tendre loup-garou, de notre amour.

– Cet homme va te quitter, petite conne, me lança la Peur. Qu’adviendra-t-il alors de toi ? Encore le cœur ravagé ? Non ! Tu ne survivras pas à cette déchirure.

La Peur se mit à trembler comme en transe.

– Espèce de conne. Va-t-en ! Va-t-en ! Qu’est-ce t’attends ? Te faire arracher le cœur encore ? Va-t-en ! petite conne, pendant qu’il est encore temps, chantait la Peur dans un refrain interminable.

J’ai mis mes mains sur mes oreilles pour ne plus entendre ce chant démoniaque, mais il résonnait dans toutes les fibres de mon être.

– Ulysse ! avais-je envie de crier. Comment as-tu fait pour ne pas laisser les sirènes t’emporter dans l’abîme ? Mais, Ulysse ne m’entendait pas. Personne ne m’entendait. Pas même mon propre coeur.

Le dernier souvenir qui me reste de mon beau loup-garou est son regard bleu, plein de compassion, au moment où je quittais la fête sans lui. Et, comme je fermais la porte derrière moi, la Peur me salua, un sourire triomphant au coin des lèvres.

Depuis ce soir d’Halloween, la maudite Peur me talonne sans répit. Dès qu’elle sent mon coeur vibrer, elle me chasse. Mais pire encore, dès qu’elle sent mon coeur indifférent, elle m’enchaîne.

– Aie ! la Peur ! Tu m’entends ? Tu n’es qu’une maudite ! Et si je pouvais, crois-moi, oui ! si je pouvais, je te tuerais !




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Voici mon loup-garou.

J'admets que c'est surprenant, à première vue. Mais c'est vrai qu'il était, du moins, il me semblait, parfait, même plus, pour moi. Il avait cette douce folie que, finalement, j'ai cherchée dans les autres, mais en vain.  C'est le seul, au fait, avec qui, je songerais sérieusement à nous donner une autre chance. À moins que ne survienne quelqu'un d'autre, de nouveau.

Et vous, vous donneriez-vous une aure chance avec une ancienne flamme ?

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Vendredi 10 octobre 2008

 

 

Je suis terrifiée. Je voudrais appeler à l’aide, mais j’ai trop peur. Je me cache sous les couvertures chaudes et protectrices.

 

Il y a un homme, un inconnu, dans la chambre de mes parents derrière les draperies de lin.


J’entends un bruit sourd dans la nuit. Je tends l’oreille à nouveau. Encore ce bruit. Je m’assieds dans le lit. D’une main tremblante, j’entrebâille le rideau qui sépare ma chambre de celle de mes parents.l est là, dans l’ombre, les cheveux frisés comme un mouton. Je ne vois pas son visage.


Il se penche comme pour ramasser quelque chose.

 

Il saisit à deux mains la descente de lit du côté où ma mère dort d’habitude. Il n’y a personne dans le lit.L’étranger tourne le tapis pour en faire un gros rouleau. Puis, d’une poigne ferme, il le soulève et le met sous son bras. Il se penche à nouveau, et fait glisser son trésor sous le lit.

 

L'homme est disparu sous le lit comme par magie.

 

Mais, qui était donc cet homme ? Que faisait-il dans la chambre de mes parents ? Où était-il parti ?

 

L’angoisse s’empara de moi. 

 

Ne sachant que faire, j'ai trouvé refuge sous les draps de flanelle espérant me protéger. Mais me protéger de qui ? de quoi ?

 

Près de 40 ans plus tard, je me rappelle cette scène de mes trois ans comme si c’était hier.

 

Je revois cet homme disparaître sous le lit, le tapis sous le bras. Peut-être n’était-il qu’une ombre sur le mur ? que le fruit de mon imagination ? un monstre sous le lit ? 

 

Oui, peut-être ? peut-être bien...

 

 

 


 


Je suis là, le regard rivé sous le lit de mes parents. Pendant de longues minutes, je ne vois plus rien. J’attends que l’homme se redresse, mais en vain.


I


Je l’épie, étonnée de voir un étranger dans la maison. Curieuse, je guette ses moindres gestes. 

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Samedi 27 septembre 2008

 

Il nous arrive tous, à un moment donné dans la vie, où la personne pour laquelle on aurait fait des folies juste pour être à ses côtés, nous contraint à faire des folies pour nous en éloigner le plus possible.

Je haïs l'admettre, mais oui, il y a eu dans ma vie un homme que j'ai aimé plus que tous et plus que toute chose.

Je ne mentionnerai pas son nom, à quoi bon ? Le but, ici, n'est pas de parler de lui, mais des stratagèmes que j'ai trouvés pour le sortir de ma vie, lui et son souvenir languissant.

Le fameux gars en question voulait qu'on aille à Manzanillo, au Mexique. Je n'étais pas chaude à l'idée, car, entre-nous, l'air ambiant fleurait la fin d'une douloureuse histoire d'amour. J'ai accepté tout de même, me disant que ce petit voyage serait un dernier souvenir, une sorte de chemin de croix, une sorte d'au revoir. 

J'avais apporté ma vieille caméra Minolta SRT200. Je l'ai traînée partout pendant toute la semaine, histoire de ramasser les derniers clichés de ce roman feuilleton qu'était notre histoire d'amour fanée.

C'est par un beau matin ensoleillé, quoique beaucoup trop frisquet à mon goût, que j'ai eu l'éclair de génie.

Celui qui allait bientôt devenir mon ex petit ami était là, tout au haut d'un escalier en bois, quelque peu défraîchi, qui menait à la plage. S’appuyant lourdement sur la rampe artisanale, il s'engagea lentement dans l'escalier.

L'homme que je regardais à ce moment était franchement laid. Laid ? Bien, j'exagère, j’admets. Bon enfin... Mais je trouvais qu'il avait l'air vieux et qu'il faisait simple avec sa casquette.

Alors, en le regardant là, je me suis dit :

- Bien, il n’est pas si beau que ça. Puis, en plus, je ne peux pas dire qu’il est bien gentil avec moi. Franchement, qu’est-ce que j’ai à "capoter" sur lui ? Je suis pourtant plus intelligente que ça.

C'est à ce moment là que j'ai eu l'eurêka, vous savez, ce cri du créateur, ce cri du cœur, qui vous dit que vous avez enfin trouvé LA SOLUTION à tous vos maux.

J'ai empoigné ma caméra et j'ai immortalisé, sur la pellicule, cet instant marquant et de complète jubilation de ma part. 

Et voilà, qu’il était à tout jamais prisonnier de cet air quétaine. Hourra ! Et bien fait pour lui ! Il l’avait très certainement mérité ! Quelques prises rapides au cas où le cliché serait manqué. Le tour était joué.

Ces photos ont été les premières d'une série de photos qui allaient m’aider à oublier que j’étais folle du gars en question.

Aussi, lorsque je me sentais sur le point de succomber à la tentation de lui téléphoner -- vous savez, dans ces moments d'ennuis qui vous arrachent le cœur et qui vous font oublier les perversités de l'être jadis aimé -- alors, c’est sur cet album sacré que je me jetais littéralement afin d'y trouver courage et réconfort. Je le voyais alors, l'air idiot, pas trop jojo, merveilleuse délivrance, presque aussi bon qu'une jouissance.

Sauf, cette fois où je suis tombée sur cette photo oubliée où il faisait de l'auto-stop.

C'est pas mêlant, le cœur m'a fait cent tours. Comme il était beau !

Je n'ai pas pu résister à la tentation de l'embrasser ardemment : ses lèvres pleines, sa peau bronzée et ferme, son torse musclé et j'en passe ! Moment de pure folie qui me semblèrent durer une éternité.

Puis, frappée par un bref instant de lucidité, je lui ai dit : « Adieu, mon bel amour ! ». Je l’ai embrassé une dernière fois, puis j’ai déposé délicatement la photo ensorcelée dans le brasier fumant. Je l'ai regardée longtemps se tortiller pour s'extirper du feu. Oui, je l'ai regardée jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un amas de cendres, de cendres grisâtres, oui grisâtres comme mon cœur.

Je suis retournée, le cœur serré, à mon album de photos. Il était là, l'air idiot, pas trop jojo...

Je ne ressentais plus rien.

Libre. Oui. J'étais enfin libre ! ».

 



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Mardi 9 septembre 2008

 

EH OUI ! JE L'AI FAITTE !

 

Voilà, c’est enfin faitte ! Depuis le temps où j’en parle !

J’ai fini d’exaspérer mes chums de filles avec mes fantasmes les plus salés. C’est arrivé pour de vrai, et pas plus tard qu’hier soir. Ciel ! Avoir su que j’allais dormir si bien après, je l’aurais fait bien avant, moi l'insomniaque !

Tout a commencé à l’épicerie. 

 

 

Je déambulais d’une rangée à l’autre sans rien voir, obnubilée par les gigantesques zucchinis que je venais d’apercevoir dans le comptoir des légumes frais.

Comme ma langue mouillait mes lèvres enflammées, je sentis qu’on me regardait goulûment. Je levai les yeux et, ô mirage ! m’apparurent pas une mais deux espèces de costauds du genre Monsieur Net en habits de Tarzan. Oui, dret là, dans mon supermarché IGA !

O
ui ! Deux géants tout en muscles, à mâchoire carnassière et  "five o’clock shadow". Deux méchants pétards, tout à fait ma pointure ! C’est pas mêlant, j’ai capoté !

Là, incapables de bouger, comme si on avait les pieds rivés dans le béton, on se dévora des yeux.

Je fus alors prise de vertiges. Telles les vagues d’un tsunami arrachant tout sur son passage, je sentis l’ivresse du désir me transporter dans son sillage. Je n’avais pas d’autre choix que d’emmener ces deux géants chez-moi. Au diable l’épicerie ! 

 

 

J’allais goûter à des plaisirs beaucoup plus salés. J’en étais convaincue.

Miammmm ! Miammmm !

Ça s’est passé dans la cuisine.

Eh oui ! Je n’aurais jamais pensé faire ça avec un, encore moins avec deux !

Ils étaient ragoûtants comme ça se peut pas.

« C’est complètement fou », me disais-je. Deux ! Ciel ! Le jack-pot, quoi !

Au début, j’étais plutôt gênée. De leur côté, mes deux conquêtes m’avaient l’air totalement à l’aise, comme s’ils s’adonnaient à la chose tous les jours. Ce qui ne fit rien pour diminuer ma très grande nervosité.

Tout bien considéré, je craignais fort de ne pas faire le poids. Mais n’écoutant que mon courage, ou plutôt mon ego, je pris une longue et profonde respiration. Puis, je me sentis intégrer le corps plantureux d’une tombeuse. Une sex bomb venait de naître : moi !

 



Comme une chatte affectueuse, je frôlai un à un mes deux adonis, prolongeant ainsi le délicieux supplice. Miaou !

Puis vint le moment de passer à l’acte.

Mais comment choisir celui que je prendrais en premier ?

Non mais, une minute ! Je n’allais tout de même pas me taper les deux en même temps ! J’ai tout de même certaines réserves ! Et puis, je préfère prendre mon temps et faire durer le plaisir. Surtout le mien !

J’optai donc pour une technique hautement sophistiquée : celle du « iniminimanimo… ». Une fois mon premier complice choisi, je l’invitai à me rejoindre. 

 

 

L’autre, déjà confortablement perché sur le comptoir de cuisine, la peau moite et gonflée d’expectative, nous observa avec grande curiosité.

J’empoignai mon premier soupirant d’une main tremblante d’excitation et l’entraînai vers la salle à manger.

À table, chef !

Au menu : un méchant beau morceau, tout en viande et sans gras trans, apprêté au goût du jour. Comment ne pas avoir l’eau à la bouche ? Juste à le regarder comme ça, là debout, la mâchoire me décrocha. J'aurais payé cher pour voir ma tête à ce moment là. Ouf ! Enfin… 

On dit que l’appétit vient en mangeant ? Et bien, je n’eus point besoin de manger pour avoir faim !  J’étais affamée. Une vraie bête. Grrrr…

Je saisis fermement Apollon de la main droite, et je le renversai avec autorité sur la table de cuisine. Et puis, de la main gauche, j’encerclai sensuellement avec mon pouce et mon index la douceur humide de ses rondeurs. Ainsi, sa peau souple, fraîche et onctueuse se prêta sans vergogne aux caprices de mes doigts gourmands. Puis, enfreignant l’interdit, je le vidai. Nourrissant mon fantasme, le gavant.

Puis vint le tour de l’autre.

Rendue là, j’étais pas mal moins gênée !

On aurait pu croire qu’après le premier j’en aurais eu assez. Que non !  Wonderwoman était d'attaque pour la deuxième ronde. 

 

 

Et vlan ! J’attrapai Apollon numéro 2 du haut de son perchoir. Je le projetai avec force sur la table de cuisine encore toute chaude de mes précédents ébats. Mon désir frôlait presque la folie. Mordillant mes lèvres rouges et ruisselantes, je devins boulimique. Je n’étais plus que des mains avides de peau. La sienne.

Je perdis la notion du temps. J’étais au septième ciel. Les anges chantaient. Alléluia !

P
uis, plus rien.

Fatiguée, rompue, je m’effondrai tête première contre la table.

« Ouch ! c’est donc ben dur du chêne », me dis-je en me frottant le front.

Je fus prise d’un fou rire qui secoua mon corps tout entier. Je riais tellement que j’avais peine à respirer. Je crus que les poumons allaient me sortir par la gorge. Je dus même me garrocher dans mon lit pour essayer de me calmer.

Au bout d’une dizaine de minutes, je finis par me contrôler.

« C'est pas vrai ! Je l’ai faitte ! Ayoye ! »

J’en revenais tout simplement pas.

Aye ! Depuis le temps que je dis à mes chums de filles que je vais compter combien il y a de petits pois verts dans les cannes de petits pois du Géant Vert, et bien, maintenant, c’était chose faite ! Et deux fois plutôt qu’une !

Eh oui ! j’ai bel et bien compté 710 petits pois dans la première canne et 747 dans la deuxième !             

 

                

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Dimanche 31 août 2008



Non, décidément, je ne comprends rien à la vie. Le « Paradis terrestre » ? Méchant paradis ! On se croirait plutôt en enfer.
 

Vous pensez que je déprime ? Je ne sais pas quoi vous dire. Peut-être ? Peut-être est-ce la crise de la quarantaine ? Peut-être est-ce tout simplement ma conscience qui s’éveille d’une trop longue hibernation ? Je ne sais pas. Chose certaine, c’est que ça fesse !


Quelle existence puérile qu’est la nôtre souvent ! Les gens causent tout autour, mais pour dire quoi ? Des paroles toutes plus insipides les unes que les autres.


Quand j’étais jeune, on parlait de cette ère nouvelle qui s’approchait : l’ère des loisirs!  Quelle connerie ! Il y en a qui en fumait du bon à l’époque ! Elle est où cette nouvelle ère ? On n’a jamais autant travaillé. Pire, on se croit indispensable. On parle de saine gestion aux quatre vents. On se vante de savoir gérer quand on travaille cinquante heures par semaine. Méchante gestion !


Le modernisme devait nous apporter plus de temps libre.  Mais, on n’en a jamais eu si peu. Prenons, par exemple, les courriels. C’est une vraie horreur.


« Vous avez 154 courriels ». 


On ne se parle plu, on s’écrit. On s’écrit tellement qu’on a même plus besoin de se voir. C’est ce que j’appelle du "safe sex". On se chatouille avec des mots ; on appuie sur « envoyer » ; et on termine la soirée en plaisirs solitaires. Tout ça dans le confort de notre foyer. Pas besoin de s’habiller ni de se coiffer. Surtout, pas besoin de sortir son fric pour tenter de charmer. De mieux en mieux !


Il y a les autres qui nous envoient des courriels et qui sont rivés à leur écran attendant l’instant crucial où nous cliquerons sur leur message pour l’ouvrir.


« Votre message s’est affiché sur l’écran du destinataire ». 


Dring ! dring ! le téléphone sur notre bureau chantonne.


- « Tu as lu mon message. Qu’est-ce que tu en penses ?  »


Grrrrrrr ! J’ai juste envie de hurler.


- « Qu’est-ce que j’en pense ? Je n’en pense rien. Je n’ai pas encore eu le temps de le lire. Je viens de l’ouvrir il y a à peine un quart de seconde ! »


Temps libre, on disait ? Folie furieuse, oui !


Avec le modernisme est venue la consommation. Tout est cher aujourd’hui.  Ma grand-mère, qui aurait plus de 100 ans aujourd’hui, disait de son vivant :


« Un jour, les gens auront beaucoup d’argent mais ne pourront rien acheter. »


Elle avait raison.


Aujourd’hui, tout le monde travaille. Pas question de rester à la maison pour élever les enfants. Alors, c’est la garderie. Et voilà qu’on se met à courir comme des fous entre le boulot, la garderie, la maison.


De plus, on habite en banlieue, car c’est beaucoup plus abordable.


Alors, on se tape le trafic. Ou bien on part très tôt le matin ou bien très tard lorsque nos horaires nous le permettent.  


Puis, on crie après les enfants pour qu’ils se dépêchent. On doit aller les mener à la garderie avant de prendre le train. Allez hop ! debout à 5h00 du matin. On habille les petits ; on déjeune sur le pouce ; on grimpe dans la voiture ; et hop ! on arrive à toute allure à la garderie. Un bécot à la sauvette, et vlan ! on redémarre direction la gare. Les petits sont là, rivés sur place, ne sachant trop quelle tornade les a balayés. Et là, on se demande pourquoi le docteur leur a prescrit du Ritalin.


Et puis, il y a ceux qui approchent la quarantaine : divorce, "burnout", dépression, etc. Résultat : antidépresseurs.


Entre temps, il y a les jeunes qui grandissent. Une fois l’étape du Ritalin passée, c’est la cigarette, l'alcool, la drogue.


Puis vient le moment où les grand-parents tombent malades. Alors, c’est la course entre le boulot, le métro, les joutes de hockey, les médecins, l’hôpital. 


Et là, nos amis se demandent ce qu'on a.  


Mais on ne sait pas quoi leur dire. Car comment leur expliquer pourquoi on est assis , par terre, dans la cuisine, à compter combien il y a de petits pois dans les boîtes de conserve du Géant Vert ?



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Samedi 30 août 2008
 

 

Hier, je jasais avec ma grande amie. On parlait d'amour. Quoi d'autre !

On se disait que nos vies amoureuses avaient été assez ordinaires.  Rien ne s'est passé comme on l'aurait voulu.  On avait rêvé d'un seul et grand amour ; de vieillir auprès de cet amour jusqu'à la mort.

Au lieu, on a eu chacune un paquet de chums. Ils sont venus, repartis.

Aujourd'hui, à l'approche de la cinquantaine--ben, Manon plus que moi--on se berce toutes seules et on se demande ce qui a bien pu arriver.

- Si tu savais comme j'y croyais à ce grand amour.  J'étais certaine que ça allait m'arriver, me dit Manon. J'ai prié mais j'ai pas été entendue.

- Moi non plus. Pourtant, je rêvais de passer ma vie avec un seul homme. Quand je me suis mariée, j'étais jeune, j'avais 21 ans. J'étais prête à passer ma vie avec mon mari. C'est pas des farces ! Je m'étais même demandée si j'étais prête à ne pas avoir d'autres hommes dans ma vie.  Et j'étais prête. Finalement, ça pas marché....

Puis, pendant que je jasais, il m'est venu une idée.

Peut-être que la vie ne nous a pas oubliées. Qu'est-ce qu'on voulait ? Vieillir avec notre grand amour ?

Quand on approche cinquante ans, on sait très bien que l'amour est, plus souvent qu'autrement, éphémère. Ça ne dure pas, qu'on le veuille ou non.

Peut-être que la vie attend qu'on soit vieilles pour nous faire rencontrer le « grand » amour ?

Ça a du sens. Mais, j'ai bien peur qu'il nous faille attendre encore plusieurs années !

En attendant, vieillir fait tout à coup moins peur !

 

 

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Vendredi 29 août 2008
 

 

J'ai trouvé récemment un album qui contenait une foule de cartes postales adressées à ma grand-mère qui est décédée depuis 25 ans (1890-1981).  Quel beau cadeau que cette trouvaille !  Ces cartes remontent aux années 1909 ! Près de 100 ans ! Incroyable !
 

Une de ces cartes m'a éblouie.  J'aimerais vous la montrer ici.  Alors, un cadeau pour vous tous et pour tous ceux, nombreux, qui passez me visiter et me félicitez pour la nomination de mon blogue pour la semaine du 24 mars 2006.

Aussi, c'est pour toi,  grand-maman Bernadette, à qui je parle souvent et qui, je sais, m'entend.  Moi aussi, je t'aime.

 

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15 Nov 1913
St Polycarpe

Chère amie,

Si vous m'aimez, vous que j'adore, pourquoi me le cacher encore. Oh douce et tendre amie. Objet créé pour me charmer. Vous êtes le rêve de ma vie. Oh laissez-moi vous aimer. Si vous trouvez mon nom, vous trouverez celui qui vous aime.

Au revoir


                                             6 - 7 ....

 

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Ma grand-mère avait 23 ans.  Qui était cet homme ? En était-elle amoureuse ? Peut-être le trouverai-je dans les autres cartes ? Je verrai.  Mais, je sais que ce n'est pas lui qu'elle a marié, beaucoup plus tard. 

Alors voici cette carte chérie :

 

      
  



 

 

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Mardi 26 août 2008

 

 

... que d'écrire dans chacun des livres que j'achète - je les achète toujours - pourquoi je l'ai acheté, ce qu'il m'inspire, ce qui m'a poussée vers lui

 

Souvent, je passe devant l'étagère, je saisie une livre au hasard, et je lis ce que j'ai écrit.  Et là, toujours je me redécouvre.

 

Ce soir, je suis tombée sur : « Les fleurs du Mal », de Charles Baudelaire.

 

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13 mai 2003



Le temps file
Traînant dans sa course
Les meurtrissures de l'âme
Toujours aussi farouches

 

Un regard d'antan
Saura-t-il redonner à mes yeux
L'innocence
La pureté

La paix de l'âme ?

 

 

 

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Vendredi 15 août 2008


 

J'ai vous ai déjà parlé de ma première méthode pour oublier son ex, soit l'opération ciseaux.

Je vous reviens ici avec ma deuxième méthode pour oublier son ex : l'opération paparazzi.

Le gars en question voulait qu'on aille en vacances à Manzanillo, au Mexique.

Je n'étais pas chaude à l'idée, car entre-nous, l'air ambiant fleurait non pas la lune de miel mais plutôt la fin d'une douloureuse histoire d'amour.

J'ai accepté quand même, me disant que ce petit voyage serait un dernier souvenir, une sorte de chemin de croix, un au revoir. 

Quatre jours plus tard, nous embarquions dans l'avion pour le Mexique. Lui, excité de son premier voyage dans le Sud. Moi, le voyant faire son paon devant toutes les filles, eh... tout ce qui est de sexe féminin..., je me suis mise à regretter amèrement d'avoir dit oui à ce voyage.

Je suis un peu beaucoup maniaque de la photo. Alors, j'apporte toujours une ou deux caméras avec moi. Cette fois là, j'avais une caméra jettable pour la plage et le sable surtout ! J'avais aussi ma vieille Minolta SRT200.  Oui, oui, je le sais, une caméra à film. Que voulez-vous, pour moi, le digital n'égale pas encore la pellicule.

Bref, j'ai traîné mes caméras partout, pendant toute la semaine, histoire de ramasser les derniers clichés de ce roman feuilleton qu'était notre histoire d'amour fanée.

Au début des vacances, je n'avais pas de plan prémédité pour éventuellement «oublier mon futur ex». Mais ça m'est venu un beau matin.

Il faisait un magnifique soleil ce matin-là, quoique beaucoup trop frisquet à mon goût. C'était fin janvier.  

Celui qui allait bientôt devenir mon ex petit ami était là, tout au haut d'un escalier en bois défraîchi qui menait à la plage. Je le regardais descendre, appuyé lourdement à la rampe artisanale, encore saoul de la veille. 

L'homme, qui venait vers moi, avait l'air tellement insipide. Pour la première fois, et à ma grande surprise, je trouvais mon chum laid, franchement laid. Bon, j'exagère un peu, j’admets. Enfin... je trouvais qu'il avait l'air vieux et, surtout, qu'il  faisait ti-caille avec sa casquette et son pas chancelant de saoulon. En plus, il n'était pas fin avec moi.

Franchement, qu’est-ce que j'avais à « capoter » sur lui ? J'étais pourtant plus intelligente que ça.

C'est à ce moment là que j'ai eu l'eurêka, vous savez, ce cri de l'âme qui vous dit que vous avez enfin trouvé LA SOLUTION à tous vos maux.

J'ai empoigné ma caméra et j'ai pris une photo de cet homme disgracieux, immortalisant cet instant marquant de complète jubilation de ma part. 
 

Voilà ! Il était à tout jamais prisonnier de cet air quétaine et dégoûtant. Hourra ! Et bien fait pour lui ! Il l’avait très certainement mérité !

Encore quelques clichés rapides, au cas où. Le tour était joué.

Ces photos étaient les premières d'une longue série. de photos qui allaient me servir à oublier que j’étais folle du gars en question. 

Vous devinerez qu'à notre retour, nous avons rompu.

C'est à partir de là que les photos prisent à Manzanillo me furent utiles. 

Lorsque j'étais sur le point de succomber à la tentation de téléphoner à mon ex -- vous savez, dans ces moments d'ennuis qui vous arrachent le cœur et qui vous font oublier les perversités de l'être jadis aimé -- c’est sur ces photos sacrés que je me jetais littéralement afin d'y trouver courage et réconfort. Je le voyais alors, l'air idiot, saoul comme une botte. Pauvre con.

Il ne me méritait pas ! J'étais bien mieux sans lui. Je raccrochais le téléphone.

J'étais bonne pour trois jours...




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Jeudi 14 août 2008

 

Je ne crois pas vous avoir déjà raconté l’histoire du Français que j’ai fréquenté quelques temps.

 

J’étais clouée au lit avec une bronchite carabinée. Le gars, le fameux Français, pour se rendre intéressant à mes yeux, ou pour garder un pied dans ma porte, arrive avec les bras chargés de victuailles. 

 

-   Je viens prendre soin de toi, me dit-il. Tu n’as rien à faire. Retourne te coucher, j’ai tout ce qu’il me faut pour préparer à dîner.

 

En effet, il avait tout ce qu’il faut :

 

·         des nouilles en sachet

·         un oignon

·         des crevettes

·         des piments rouges

·         des épices

·         une bouilloire électrique

·         un chaudron en aluminium

·         une poêle en fonte grise

·         deux immenses bols à soupe bleu d’Orient.

 

Il prend ma cuisine d’assaut et me concocte une de ces soupes-repas digne d’un grand chef.

 

On s’attable, on savoure, tout est exquis.

 

Une fois bien nourri et abreuvé, il se lève de table, mets les bols sales sur le comptoir de cuisine.

 

-   Attends ! j’vais laver tes bols pour que tu les rapportes chez-toi.

 

-   Tu me les rapporteras au Centre sportif.

 

Le gars disparaît derrière la porte. Puis, plus de nouvelle. Dans la brume. Envolé. Sans ses bols.

 

Trois semaines plus tard, le téléphone sonne. Je décroche. Et qui est au bout du fil ? Le fameux Français !

 

Placote, placote, placote. Puis, vient le sujet des bols à soupe.

-   Aïe ! J'ai toujours tes bols à soupes. 
 

D’un ton pompeux et condescendant, il me balance :

 

-   Bof ! Je m’en fiche de ces bols. On en vend partout. Tu les aurais jetés aux ordures, et   cela n’aurait pas été très grave. On se rappelle un de ces jours.

 

Pas très grave. Pas très grave…

 

-   Bien tiens ! tes maudits bols ! Vlan ! direct dans les poubelles.

 

-   Tiens-toi ! Épais !

 

Puis, qu'y mange d’la… d’la… qu'y mange d’la soupe !

 

Environ six mois plus tard, toujours notre fameux Français, il se pointe via un courriel.

 

Monsieur, voudrais récupérer ses bols bleus qui sont de la même couleur que sa cuisine qu’il vient de repeindre.

 

Ah ! jouissance ! Enfin, j’allais éduquer ce fendant !

 

D’un clic-clic endiablé :

 

« On… Tes bols… tes beaux bols à soupe bleus. On… Bien, je ne les ai plus. La dernière fois qu’on s’est parlé, tu m’as dis que ça n’aurait pas été grave si je les avais mis aux ordures. Bien, vu que la couleur bleu ne va pas du tout avec ma cuisine, c’est ce que j’ai fait, je les ai jetés aux ordures… Y fallait pas ? On... »

 

Il ne l’a pas trouvé drôle. Du tout.

Ça n’a pas pris cinq minutes que je recevais une réponse :

 

« Étant donné que tu fais preuve d’un extraordinaire manque de maturité, j’apprécierais que tu retires mon nom de ton carnet d’adresses Internet. Et, par la même occasion, tu peux aussi effacer mon numéro de téléphone. »

 

Effacé ! Supprimé ! Supprimé ! Avec grand plaisir, le Français !

 

Je n’ai plus jamais entendu parler de lui.

 

Bon débarras !

 

 

 

 


 

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Pourquoi «délires» ?

   

J'É-Cris...
 

Parce qu’il y a dans ma tête comme un étau qui assujettit mon esprit angoissé et agité par des milliers d’images. Des sentiments trop longtemps refoulés, des mensonges, des vérités, des souvenirs, des drames, des espoirs. 
  
Mes « É-Cris » sont les cris de mon cœur qui ne peuvent plus se contenir. Ils explosent au grand jour, souvent de manière violente, se substituant à mes angoisses insoutenables. 
  
Qu'importe ce que j'écris ici, je le fais d'abord pour découvrir ce qui se passe dans ma tête et dans mon coeur. J'écris pour être moi. Mais aussi pour faire que vous soyez. 
 

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