Présentation

Rechercher

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Annuaires

 

Top Blogues

Annuaire de blogs du Québec

Jeudi 29 mars 2007
  
 

N’eut été de l'appel de mon ami Pete, ça y’était ce soir.

Oui, j’ai bien failli sombrer dans ce gouffre que je connais trop bien. Je ne l’ai pas vu venir, même si je sais ce qui l’a fait venir.

On se croit guéri, puis v’lan ! déjà vu.

Pourtant, rien à comparer avec la détresse passée. L’inconscience serait-elle en désaccord avec ce semblant de mieux-être ? Fatigue éprouvante que celle du cœur impuissant qui souffre depuis, il semblerait, toujours.

Le désir d’y croire encore s’amenuise au fil des secondes qui s’écoulent, inlassables.

Tout n’est que mascarade, qu’effort, que besogne.

Quand tout cela va-t-il finir ?

 

 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 28 mai 2007
 

 

Hier, je jasais avec ma grande amie. On parlait d'amour. Quoi d'autre !

On se disait que nos vies amoureuses avaient été assez ordinaires.  Rien ne s'est passé comme on l'aurait voulu.  On avait rêvé d'un seul et grand amour ; de vieillir auprès de cet amour jusqu'à la mort.

Au lieu, on a eu chacune un paquet de chums. Ils sont venus, repartis.

Aujourd'hui, à l'approche de la cinquantaine--ben, Manon plus que moi--on se berce toutes seules et on se demande ce qui a bien pu arriver.

- Si tu savais comme j'y croyais à ce grand amour.  J'étais certaine que ça allait m'arriver, me dit Manon. J'ai prié mais j'ai pas été entendue.

- Moi non plus. Pourtant, je rêvais de passer ma vie avec un seul homme. Quand je me suis mariée, j'étais jeune, j'avais 21 ans. J'étais prête à passer ma vie avec mon mari. C'est pas des farces ! Je m'étais même demandée si j'étais prête à ne pas avoir d'autres hommes dans ma vie.  Et j'étais prête. Finalement, ça pas marché....

Puis, pendant que je jasais, il m'est venu une idée.

Peut-être que la vie ne nous a pas oubliées. Qu'est-ce qu'on voulait ? Vieillir avec notre grand amour ?

Quand on approche cinquante ans, on sait très bien que l'amour est, plus souvent qu'autrement, éphémère. Ça ne dure pas, qu'on le veuille ou non.

Peut-être que la vie attend qu'on soit vieilles pour nous faire rencontrer le « grand » amour ?

Ça a du sens. Mais, j'ai bien peur qu'il nous faille attendre encore plusieurs années !

En attendant, vieillir fait tout à coup moins peur !

 

 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Jeudi 19 juillet 2007

 

 

... que d'écrire dans chacun des livres que j'achète - je les achète toujours - pourquoi je l'ai acheté, ce qu'il m'inspire, ce qui m'a poussée vers lui

 

Souvent, je passe devant l'étagère, je saisie une livre au hasard, et je lis ce que j'ai écrit.  Et là, toujours je me redécouvre.

 

Ce soir, je suis tombée sur : « Les fleurs du Mal », de Charles Baudelaire.

 

----------

   

13 mai 2003

 

Le temps file
Traînant dans sa course
Les meurtrissures de l'âme
Toujours aussi farouches

 

Un regard d'antan
Saura-t-il redonner à mes yeux
L'innocence
La pureté

La paix de l'âme ?

 

 

 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 1 août 2007

 

 

Non, décidément, je ne comprends rien à la vie. Le « Paradis terrestre » ? Méchant paradis ! On se croirait plutôt en enfer.

 

Vous pensez que je déprime ? Je ne sais pas quoi vous dire. Peut-être ? Peut-être est-ce la crise de la quarantaine ? Peut-être est-ce tout simplement ma conscience qui s’éveille d’une trop longue hibernation ? Je ne sais pas. Chose certaine, c’est que ça fesse !

 

Quelle existence puérile qu’est la nôtre souvent ! Les gens causent tout autour, mais pour dire quoi ? Des paroles toutes plus insipides les unes que les autres.

 

Quand j’étais jeune, on parlait de cette ère nouvelle qui s’approchait : l’ère des loisirs !  Quelle connerie ! Il y en a qui en fumait du bon à l’époque ! Elle est où cette nouvelle ère ? On n’a jamais autant travaillé. Pire, on se croit indispensable. On parle de saine gestion aux quatre vents. On se vante de savoir gérer quand on travaille cinquante heures par semaine. Méchante gestion !


Le modernisme devait nous apporter plus de temps libre.  Mais, on n’en a jamais eu si peu. Prenons, par exemple, les courriels. C’est une vraie horreur.

 

« Vous avez 154 courriels ».

 

On ne se parle plu, on s’écrit. On s’écrit tellement qu’on a même plus besoin de se voir. C’est ce que j’appelle du "safe sex". On se chatouille avec des mots ; on appuie sur « envoyer » ; et on termine la soirée en plaisirs solitaires. Tout ça dans le confort de notre foyer. Pas besoin de s’habiller ni de se coiffer. Surtout, pas besoin de sortir son fric pour tenter de charmer. De mieux en mieux !

 

Il y a les autres qui nous envoient des courriels et qui sont rivés à leur écran attendant l’instant crucial où nous cliquerons sur leur message pour l’ouvrir.

 

« Votre message s’est affiché sur l’écran du destinataire ».

 

Dring ! dring ! le téléphone sur notre bureau chantonne.

 

- « Tu as lu mon message. Qu’est-ce que tu en penses ?  »

 

Grrrrrrr ! J’ai juste envie de hurler.



- « Qu’est-ce que j’en pense ? Je n’en pense rien. Je n’ai pas encore eu le temps de le lire. Je viens de l’ouvrir il y a à peine un quart de seconde ! »

 

Temps libre, on disait ? Folie furieuse, oui !

 

Avec le modernisme est venue la consommation. Tout est cher aujourd’hui.  Ma grand-mère, qui aurait plus de 100 ans aujourd’hui, disait de son vivant :

 

« Un jour, les gens auront beaucoup d’argent mais ne pourront rien acheter. »

 

Elle avait raison. Aujourd’hui, tout le monde travaille. Pas question de rester à la maison pour élever les enfants. Alors, c’est la garderie. Et voilà qu’on se met à courir comme des fous entre le boulot, la garderie, la maison. En plus, on habite en banlieue, car c’est beaucoup plus abordable. Alors, on se tape le trafic. Ou bien on part très tôt le matin ou bien très tard lorsque nos horaires nous le permettent. Alors, on crie après les enfants pour qu’ils se dépêchent. On doit aller les mener à la garderie avant de prendre le train. Allez hop ! debout à 5h00 du matin. On habille les petits ; on déjeune sur le pouce ; on grimpe dans la voiture ; et hop ! on arrive à toute allure à la garderie. Un bécot à la sauvette, et vlan ! on redémarre direction la gare. Les petits sont là, rivés sur place, ne sachant trop quelle tornade les a balayés. Et là, on se demande pourquoi le docteur leur a prescrit du Ritalin.



Et puis, il y a ceux qui approchent la quarantaine : divorce, "burnout", dépression, etc. Résultat : antidépresseurs.

 

Entre temps, il y a les jeunes qui grandissent. Une fois l’étape du Ritalin passée, c’est la cigarette, l'alcool, la drogue. 

 

Puis vient le moment où les grand-parents tombent malades. Alors, c’est la course entre le boulot, le métro, les joutes de hockey, les médecins, l’hôpital.

 

Et là, nos amis se demandent ce qu'on a.

 

Mais on ne sait pas quoi leur dire. Car comment leur expliquer pourquoi on est assis , par terre, dans la cuisine, à compter combien il y a de petits pois dans les boîtes de conserve du Géant Vert ?

 

 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 6 août 2007

 

 

Je suis terrifiée. Je voudrais appeler à l’aide, mais j’ai trop peur. Je me cache sous les couvertures chaudes et protectrices.

 

Il y a un homme, un inconnu, dans la chambre de mes parents derrière les draperies de lin.


J’entends un bruit sourd dans la nuit. Je tends l’oreille à nouveau. Encore ce bruit. Je m’assieds dans le lit. D’une main tremblante, j’entrebâille le rideau qui sépare ma chambre de celle de mes parents.l est là, dans l’ombre, les cheveux frisés comme un mouton. Je ne vois pas son visage.


Il se penche comme pour ramasser quelque chose.

 

Il saisit à deux mains la descente de lit du côté où ma mère dort d’habitude. Il n’y a personne dans le lit.L’étranger tourne le tapis pour en faire un gros rouleau. Puis, d’une poigne ferme, il le soulève et le met sous son bras. Il se penche à nouveau, et fait glisser son trésor sous le lit.

 

L'homme est disparu sous le lit comme par magie.

 

Mais, qui était donc cet homme ? Que faisait-il dans la chambre de mes parents ? Où était-il parti ?

 

L’angoisse s’empara de moi. 

 

Ne sachant que faire, j'ai trouvé refuge sous les draps de flanelle espérant me protéger. Mais me protéger de qui ? de quoi ?

 

Près de 40 ans plus tard, je me rappelle cette scène de mes trois ans comme si c’était hier.

 

Je revois cet homme disparaître sous le lit, le tapis sous le bras. Peut-être n’était-il qu’une ombre sur le mur ? que le fruit de mon imagination ? un monstre sous le lit ? 

 

Oui, peut-être ? peut-être bien...

 

 

 


 


Je suis là, le regard rivé sous le lit de mes parents. Pendant de longues minutes, je ne vois plus rien. J’attends que l’homme se redresse, mais en vain.


I


Je l’épie, étonnée de voir un étranger dans la maison. Curieuse, je guette ses moindres gestes. 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 11 août 2007

 

 

Tu te rappelles, à Paris ?
 
On sortait tous les dimanches après-midi prendre un café au bistro d’en face, juste pour jaser, mon genou contre le tien bien serré.
 
On parlait de tout. De toi. De moi. Du monde. De la vie. De l’amour. On était si bien.
 
Tu te rappelles ? Le ciel était presque toujours gris, mais nous n’en avions que faire. Tes yeux ne voyaient que les miens rivés aux tiens. Ah ! C’était le bon temps ! Dis que tu te rappelles !
 
Tu te souviens aussi, après le café, qu’on avait laissé refroidir, tu prenais ma main et tu embrassais chacun de mes doigts comme s’ils étaient de précieux joyaux. À ce moment-là, je t’aimais. Je riais et je t’aimais. Tellement !
 
Et puis, d’un sourire entendu, on se levait et on partait en courant, sans payer l’addition. C’était le premier qui arriverait à l’appartement. On courrait comme des fous entre les voitures qui nous klaxonnaient. La porte n’était pas ouverte qu’on était déjà dans les bras l’un de l’autre, assoiffé d’amour.
 
- Rentrez chez vous, espèces de cochons !, nous lançait chaque fois la vieille concierge. On faisait exprès pour la faire damner.
 
Ah ! C’était si fou avec toi ! 
 
Et puis, à grand fou-rire, tu me soulevais dans tes bras pour franchir la porte. D’ailleurs, je ne crois pas avoir jamais franchi la porte autrement. Non. Jamais. Dans tes bras, que dans tes bras.
 
Et là, tu me déposais toujours en plein centre du corridor, aux yeux d’une Joconde complice. Hum ? T’aurait-elle connu avant moi ?
 
- Non, très chère dame. Quelle femme ne voudrait pas que sa beauté soit comparée à celle de Mona Lisa ?, déclamais-tu en reculant de quelque pas.
 
Et, après m’avoir contemplée de loin, tu te rappelles ce que tu faisais chaque fois ? Oui, oui, chaque fois !
 
Tu prenais un air macho. Faut dire que ce n’était pas trop difficile pour toi ! Si. Admets ! N’essaie pas de t’en sortir. Tu oublies qui je suis. Et alors, tu avançais vers moi, lentement, droit, fort, terriblement viril.
 
À tous coups, je perdais la tête.
 
Et là, ton corps frôlant timidement le mien, ta main venait caresser mon visage qui s’abandonnait jusqu’à se fondre au tien dans une danse lascive, troublante, dévorante, trop.
 
Tu te rappelles comment ça t’allumait quand je t’empoignais par la crinière pour stopper tes ardeurs d’étalon.. Le désir nous foudroyait. La passion nous submergeait. Agrippés un à l’autre, enivrés, on baisait comme des bêtes affamées.
 
Oui. Nous étions fous. Fous d’amour.
 
On faisait l’amour toute la journée. Toute la soirée. Toute la nuit.
 
Tu te rappelles quand on se pinçait à tour de rôle, histoire de s’assurer qu’on ne rêvait pas ? On ne mangeait pas beaucoup, non plus. Seul le corps de l’autre venait à bout de notre faim.
 
On s’aimait. Comme on s’aimait !
 
Je sais. C’était fou comment on s’aimait. Mais on s’aimait d’un amour exceptionnel, un amour que bien peu de gens connaîtront. Et ça, on le savait.
 
Tu te rappelles ce dernier dimanche à Paris ?
 
Nos corps enlacés, enchaînés, presque soudés, vidés par trop d’extase, tu as pris ma main que tu as portée sur ton cœur. Tu m’as dit :
 
- Amour, je pourrais mourir là, maintenant, dans tes bras. Avec toi, j’ai tout vécu ce qu’il est possible de vivre sur cette terre. Je mourrais, aujourd’hui, sans regret, sauf celui de partir sans toi.
 
J’éprouvais la même chose que toi. Mourir dans tes bras n’aurait pas été une punition.
 
Nous n’étions qu’un seul corps, qu’une seule et âme, toi et moi.
 
Tu te rappelles comment nos cœurs battaient toujours à l’unisson ? Comment mon corps se moulait au tien ? Aucun coin qui pique, qui cogne, qui gratte. Un moulage parfait. Presque une œuvre d’art. Extraordinaire.
 
Ah ! tant de souvenirs ; de parfums, surtout le tien ; tant de choses qui me rappellent que…
 
Tu n’es plus là.
 
Parti. Envolé. Envolé le rêve d’une vie, d’une mort, avec toi.
 
Comment peut-on s’aimer autant, puis cesser du jour au lendemain ? Tout à coup, mourir nous fait horreur.
 
Non. Ce n’est pas parce que je n’ai pas essayé. Crois-moi ! Mais je n’y arrive pas. Je ne comprends pas. Je ne te comprends pas.
 
Pire, tu rappliques des années plus tard.
 
-         Allo ! By the way (ça, ça vient de moi, j’ai pas pu m’en empêcher…), je voulais juste te dire que j’ai réalisé que tu étais la femme de ma vie.
 
-         Aye ! bonhomme ! Parles pour toi. J’en ai rien à cirer de toi ! Va te faire foutre !
 
Voilà, c’est tout dit. Presque.
 
Car ce que je ne te dis pas, c’est que je me languis, nuits et jours, de ces dimanches à Paris, où grisés nous nous aimions jusqu’à ne plus pouvoir se tenir debout, jusqu’à l’extase, jusqu’à mourir.
 
Tu te rappelles, dis ?
 

Non, ne me dis pas que tu te rappelles. Non, s’il te plaît ! Car s’il fallait que tu te rappelles, j’en mourrais. Oui, j’en mourrais, c’est certain.

 

 

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 21 septembre 2007

 


 

  

 

 

 

C’est en feuilletant un livre sur le Feng Shui que j’ai trouvé comment en finir avec mon ancien chum. 

Il avait l’air d’un apollon du haut de ses 6’4‘’ . Il était tout en muscle. J’étais folle de lui.

Il falllait voir ses fossettes quand il riait. Comme je le désirais. Entre-nous, c’était la passion, semblable à celles dans les livres.  

Puis, un beau jour, sans rien dire, il est retourné avec son ancienne épouse. J’étais tellement éprise de lui qu’il en est devenu pour moi une vrai « maladie ». Des pensées de lui me hantaient nuit et jour. J’aurais voulu que son souvenir s’efface de mon esprit ; j’aurais voulu qu’il meure. Mais en vain. Toujours le souvenir de son corps sur le mien me ramenait à mon désespoir de le savoir dans les bras d’une autre. Ma vie devenait un cauchemar. Comment lui échapper ? Comment me sauver ? Sauver mon cœur, sauver mon âme, sauver ma vie ?

Et puis, une amie ma suggéré de lire sur le Feng Shui. Cet ancien art chinois vise à créer l'équilibre et l'harmonie dans l’environnement. De là,  l'importance de se départir d’objets qui entravent l’esprit et qui, dans mon cas, ressuscite d’anciennes et folles amours. Le Feng Shui recommande de jeter tous les objets ayant appartenu à d’anciennes amours pour exorciser leur emprise et faire de la place pour de nouvelles aventures.

 

Ainsi, par un vendredi plutôt gris, j'ai décidé d’ouvrir une chasse impitoyable aux vêtements qui évoquaient tel ou tel amour usé, pitoyable.  
 
J'ai scruté à la loupe chaque recoin de l’appartement :

- les cinq placards, du plus grand au plus  petit, sur les tringles, sur les tablettes,  dans le fond-    

-  les tiroirs des trois commodes en  chêne massif jusqu’aux tiroirs de mon vieux bureau d'enfant

- dans le sous-sol, le panier à lessive en osier, voire le contenu de la sécheuse en marche, et j’en passe.

 

Et quels trophées de pitié j'ai ramenés :

 

- un gilet de laine, noir, brodé de perles,  qui eut davantage sied à ma grand-mère

 

- une paire de sous-vêtement, style boxer,  blanc à gros pois noirs

 

- des pantalons marines, en coton ouaté,  trop court pour moi

 

- plusieurs T-Shirts

 

- unecamisole moulante et décolletée que je mettais pour des soirées torrides.

 

Au total 23 morceaux : certains anciens, d’autres, pratiquement neufs, legs d’amoureux éconduits ou passades de toquée.

 

Une fois pris en otage tous les fantômes hantant mes garde-robes, je n'ai pu me résigner à les mettre sans façon dans un sac à ordures.

 

J'ai pensé les offrir aux moins fortunés, mais je sentais qu’il fallait que ces vêtements soient détruits de manière symbolique.

 

Enfant, j'adorais découper les catalogues des grands magasins -- Eaton, La Baie d’Hudson, Simpson -- en minuscules bandelettes que j’accumulais dans un bol à soupe. Ce travail minutieux, qui me procurait un plaisir fou, consistait à faire entrer le plus grand nombre de pages dans le petit bol. Méditation active, attention, concentration. Sublime libération de l'esprit soumis au pouvoir d’une main guérisseuse.

 

Maintenant, face à ce trophée fatal de vêtements, je me suis rappelée chaque baiser, chaque caresse, mais aussi, chaque discussion, chaque mensonge, chaque trahison. J'étais désormais décidé à en finir. 

 

La soirée qui s’annonçait me donnait la chair de poule. La délivrance tant attendu allait bientôt me transporter vers de nouveaux sommets. Je sentais monter en moi cette euphorie grandissante qui évoque l’enivrement même de la passion.

 

J'ai demandé à Glen Gould, pianiste génial et plein de tics,  à l’appétit insatiable de perfection, de soutenir au clavier ses passions si semblables aux miennes.

 

J'ai inséré le CD. Play. 

 

Glen, homme mystérieux et complexe, était avec moi. 

 

J'ai empilé quelques bûches dans le foyer et j'ai frotté une allumette. Les flammes se mirent à danser lascivement, au son des doigts agiles de Gould. Pour qui dansaient-elles ? Lui ou moi ?

 

Je me suis servie à boire.

 

La bouteille était lourde de porto, du Quinta do Estanho. Gould, le feu dans la cheminée, un verre de porto à la main, que demander de plus sinon une bonne paire de ciseaux Singer pour en finir, une fois pour toute.

 

Plus la musique résonnait en moi et plus la griserie me gagnait. J’ai empoigné mes Singer avec le sentiment profond que j'allais commettre le crime parfait.

 

Chaque coup de ciseaux faisait entendre le crissement fendant de la lame affûtée glissant à travers chacun des vêtements de la pile, laissant derrière une traînée de bandelettes de deux pouces de large.

 

Exit cadeaux, souvenirs, objets de hantise, objets de détresse. Adieu chandails, pantalons, chemisiers, pyjamas. Bonjour délivrance ! 

 

J'ai fait un ballon de ces bandelettes et l'ai « quické » en orbite, câlisse !
 
                                               
                                                                   
 
 
 
 
par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Samedi 3 novembre 2007


L’autre soir, je n’arrivais pas à dormir. Alors, je me suis levée et je suis allée regarder de vieilles photos. J’adore faire ça. Je peux passer des heures et des heures assise par terre, le nez dans mes albums, à me rappeler de vieux souvenirs.

Puis là, je suis tombée sur des photos d’Halloween prises en 1985. À cette époque, j’avais 24 ans. Ouf ! Ça ne me rajeunit pas. Mais, bref. J’étais divorcée depuis sept mois. Après deux ans de mariage, je m’étais retrouvée seule, le cœur anéanti.

Sur une des photos, on me voyait déguisée en fille de rue. Avec mon petit sourire en coin, j’avais l’air d’une méchante « guidoune ». Et, j’étais loin de me douter que cette soirée d’Halloween était le début d’une très longue histoire d’horreur.

Sur la photo d’à-côté, posait le loup-garou, avec ses longues dents pointues, qui m’accompagnait. Le pauvre était loin de se douter à quel point il allait m’effrayer ce soir-là.

J’avais rencontré ce loup-garou, sans sa fourrure, quelques mois auparavant. J’étais en vacances avec une copine, et on se faisait bronzer sur la plage quand je l’ai aperçu. Il se baladait tranquillement au bord de l’eau, avec pour seule compagnie, une mèche de cheveux blonds qui sans cesse lui chatouillait le bout de nez.

À ce moment précis, j’aurais donné mon âme au diable pour être cette mèche de cheveux. Et comme je souriais à cette idée folle, il s’est retourné vers moi. Il m’a regardé avec des yeux d’un bleu si bleu que, sous le soleil éblouissant, j’étais persuadée être témoin de l’apparition du Christ lui-même ! Mon coeur a fait cent tours. J’ai succombé à son charme.

On a commencé à se fréquenter ce jour-là. C’est pas mêlant, tout en lui me plaisait. On a tellement ri ensemble. Il avait une sorte de folie en lui qui me séduisait et qui faisait que les choses, même les plus banales, comme faire l’épicerie, devenaient presque extraordinaires. Je le regardais et ça me faisait mal en dedans tellement il me plaisait. Et, le plus incroyable, c’est qu’il me comprenait sans que j’aie besoin de m’expliquer pendant des heures. Exit les discussions interminables ! Il savait quand parler, quand se taire, quoi dire, comment le dire. Je croyais rêver. Un tel homme pouvait-il exister vraiment ?

Et puis, tout s’est effondré le fameux soir de l’Halloween.

Je dansais quand je l’ai aperçue, la maudite ! Oui ! c’était bien elle, la Peur ! Elle qui rôdait tout autour. Elle s’est mise à m’épier. Puis à me suivre. J’ai fait semblant de ne pas la voir. J’ai voulu la semer, fuir loin d’elle. Elle m’a rattrapée. Elle s’est mise à tourner autour de moi comme une sorcière proférant de lugubres incantations. Puis, comme une vipère, elle s’est jetée sur moi, transperçant mon cœur de ses longs doigts variqueux. C’en était fait de moi, de mon tendre loup-garou, de notre amour.

– Cet homme va te quitter, petite conne, me lança la Peur. Qu’adviendra-t-il alors de toi ? Encore le cœur ravagé ? Non ! Tu ne survivras pas à cette déchirure.

La Peur se mit à trembler comme en transe.

– Espèce de conne. Va-t-en ! Va-t-en ! Qu’est-ce t’attends ? Te faire arracher le cœur encore ? Va-t-en ! petite conne, pendant qu’il est encore temps, chantait la Peur dans un refrain interminable.

J’ai mis mes mains sur mes oreilles pour ne plus entendre ce chant démoniaque, mais il résonnait dans toutes les fibres de mon être.

– Ulysse ! avais-je envie de crier. Comment as-tu fait pour ne pas laisser les sirènes t’emporter dans l’abîme ? Mais, Ulysse ne m’entendait pas. Personne ne m’entendait. Pas même mon propre coeur.

Le dernier souvenir qui me reste de mon beau loup-garou est son regard bleu, plein de compassion, au moment où je quittais la fête sans lui. Et, comme je fermais la porte derrière moi, la Peur me salua, un sourire triomphant au coin des lèvres.

Depuis ce soir d’Halloween, la maudite Peur me talonne sans répit. Dès qu’elle sent mon coeur vibrer, elle me chasse. Mais pire encore, dès qu’elle sent mon coeur indifférent, elle m’enchaîne.

– Aie ! la Peur ! Tu m’entends ? Tu n’es qu’une maudite ! Et si je pouvais, crois-moi, oui ! si je pouvais, je te tuerais !




j-chabot-copie-2.jpg
Voici mon loup-garou.

J'admets que c'est surprenant, à première vue. Mais c'est vrai qu'il était, du moins, il me semblait, parfait, même plus, pour moi. Il avait cette douce folie que, finalement, j'ai cherchée dans les autres, mais en vain.  C'est le seul, au fait, avec qui, je songerais sérieusement à nous donner une autre chance. À moins que ne survienne quelqu'un d'autre, de nouveau.

Et vous, vous donneriez-vous une aure chance avec une ancienne flamme ?

par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 11 novembre 2007
 
 
ENVOYE À MAISON !
 
Je n’en peux plus d’entendre parler de la désinstitutionnalisation des aînés en perte d’autonomie. Une autre belle solution de nos grands comptables du gouvernement.
 
Ça n’arrive pas dans la colonne budgétaire ? Pas de problème. On change de colonne ! On retourne nos « ti-vieux » malades à la maison. On ne les voit plus ; on a plus de problème ! C’est pas beau ça !
 
C’est décourageant. On n’a jamais été autant scolarisé au Québec, mais ça n’a jamais été aussi mal ! Elle est où l’erreur ?
 
Il y a 40 ans, ma mère s’est rendue malade à prendre soin de ses parents malades d’avoir pris soin de leurs parents malades. Moi, je me rends malade à prendre soin de mes parents malades.
 
Faisons un calcul rapide. Moi, découragement total parce que je ne voyais pas le bout de la fin. Ma mère forcée de placer sa mère pour « ne pas y laisser sa peau » lui conseilla le docteur. Puis, ma mère, encore : anévrisme et greffe de l’aorte abdominale dus au stress de prendre soin de mon père qui a fait trois AVC. Je ne calcule pas ma sœur, qui tient encore debout, par je ne sais trop quel miracle. Mon grand-père, ma grand-mère et sa mère avant. Au bas mot, sept personnes affectées directement par la maladie de l’autre.
 
Mais, dans bien des cas, ça ne s’arrête pas là. Il y a tous les problèmes familiaux qui résultent de la prise en charge par la famille d’aînés en perte d’autonomie. Conflits avec les conjoints et les autres membres de la famille qui, dans certains cas, engendrent d’autres problèmes de santé, quand ça ne finit pas en divorce. Conflits avec les collègues de travail et l’employeur, qui peuvent mener à la perte de l’emploi et à un stress additionnel dû au manque de ressources financières.
 
Dans bien des cas, le principal aidant naturel est l’autre conjoint, qui est aussi âgé que la personne en perte d’autonomie. L’aidant doit souvent poser des gestes interdits aux préposés aux bénéficiaires dans les centres hospitaliers, ex. : donner des médicaments et des injections d’insuline. Trouvez l’erreur !
 
Il faut aussi savoir que l’aidant naturel est de garde 24 heures sur 24. Monsieur Couillard, essayez ça pour voir. Sûrement quelqu’un se fera un plaisir de vous confier son aîné malade pendant une semaine. Vous nous en redonnerez des nouvelles.
 
« On va mettre plus d’argent pour les soins à domicile. »
 
Bien oui ! Mais il manque de la main-d’œuvre Q-U-A-L-I-F-I-É-E. Puis, on aimerait que cette main-d’œuvre Q-U-A-L-I-F-I-É-E ne passe pas plus de temps dans son « C-H-A-R » entre deux patients qu’à les soigner !
 
Quand tout le monde est au même endroit, ça va plus vite se déplacer. Puis, ça coûte moins cher d’essence, ce qui est bon pour l’environnement. Mais, au fait, ça va dans quelle colonne du budget, l’essence ?
 
Peut-être vous dites-vous que je suis dépressive et que je dis n’importe quoi ?
 
Non. Je ne dis pas n’importe quoi. Car près des deux tiers de ma vie se sont écoulés auprès de parents aînés en perte d’autonomie. Je les ai vus dépérir à la maison, entraînant dans leur chute d’autres membres de la famille. J’ai vu leur santé s’améliorer, et celle des autres membres de la famille, lorsqu’ils ont reçu les soins appropriés en centre de soins de longue durée.
 
Oui, monsieur/madame tout le monde peuvent prendre soin de quelqu’un pendant un moment. Mais vient un temps où cela dépasse leurs compétences. Alors au lieu d’aider, ils nuisent, ou pire, meurent.
 
On demande à l’aidant naturel d’être tout : médecin, psychologue, physiothérapiste, infirmier, préposé, travailleur à temps plein, conjoint/parent responsable, ayant besoin de peu de sommeil, joyeux, heureux et, surtout, sans émotion. On nous demande d’être Dieu quand Dieu lui-même n’arrive pas à tout faire.
 
Et que fait-on de tous ces aînés qui sont seuls ?
 
Je rappelle à notre gouvernement la mission de son Ministère de la Famille et des Aînés présentée dans un document remis lors des consultations publiques sur les conditions de vie des aînés.
 
« La mission du Ministère est de FAVORISER L’ÉPANOUISSEMENT DES FAMILLES ET LE DÉVELOPPEMENT DES ENFANTS, ainsi que la contribution sociale, civique, économique et professionnelle des personnes aînées au développement du Québec. »
 
Je dois être bouchée ou bien ignare. Je n’arrive pas à comprendre comment la désinstitutionnalisation des aînés en perte d’autonomie cadre dans cette mission.
 
Ai-je besoin d’en rajouter ?
 
 

  

 

Grand-maman Bernadette
Noël 1976
Elle a été onze ans dans ce lit...
 
Je t'aime grand-maman
Si seulement tu savais à quel point j'aurais voulu faire quelque chose pour toi
Mais je n'ai pas pu...
 
par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 novembre 2007
  
  

Après toutes ces années passées loin de toi, me voici aujourd’hui repentante.


Il fut un temps, un trop long temps, où j’utilisais les mots : trouillarde, naïve, conne, pour m’adresser à toi. Maintenant, enfin !, la hargne m’a désertée.

Je reviens, aujourd’hui, te demander humblement pardon pour toutes les horreurs que je t’ai fait endurer.

Non ! Ne dis pas que ce n’est pas grave. J’ai été un monstre avec toi – un bourreau de la pire espèce.

Je sais. Je sais. Tu n’aimes pas que je parle de moi ainsi, mais je dois le crier, haut et fort, pour le sortir de moi une fois pour tout. S’il te plaît, permets-le moi, pour nous deux ?

Tout ce qui est arrivé entre nous est de ma faute. Tu n’es aucunement responsable. C’est moi qui t’ai rejetée comme si tu n’étais rien pendant que toi, tu ne cherchais qu’à m’aider. 

Pire ! Plus tu comprenais ma souffrance et plus je te bafouais et plus je t’humiliais.

Un jour, je t’ai presque tuée de mes mains nues tellement ta naïveté et ta sensibilité enfantine m’étouffaient. Ce jour-là, les mains enroulées sur ta gorge, j’ai serré. Et serré. Et serré, jusqu’à ce qu’un cri d’ultime détresse gicle de nos entrailles et nous cloue au sol pleurant, pendant d’interminables heures, toute la détresse des 43 années de notre vie.

Aujourd’hui, à 46 ans, je fais enfin la paix avec toi. Oui, toi, l’enfant sensible en moi. Je t’accueille dans ma vie avec grand bonheur, car je sais maintenant que tu es le plus beau cadeau que j’ai reçu de la vie. 
Enfin ! Je m’aime tout entier.

Quel bonheur !


 
 
 
par GinTonHic publié dans : Mes grands délires
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Pourquoi «délires» ?

   

J'É-Cris...
 

Parce qu’il y a dans ma tête comme un étau qui assujettit mon esprit angoissé et agité par des milliers d’images. Des sentiments trop longtemps refoulés, des mensonges, des vérités, des souvenirs, des drames, des espoirs. 
  
Mes « É-Cris » sont les cris de mon cœur qui ne peuvent plus se contenir. Ils explosent au grand jour, souvent de manière violente, se substituant à mes angoisses insoutenables. 
  
Qu'importe ce que j'écris ici, je le fais d'abord pour découvrir ce qui se passe dans ma tête et dans mon coeur. J'écris pour être moi. Mais aussi pour faire que vous soyez. 
 

Alors, vous venez ?  

     

Communautés